Rue de la Vallière, au numéro 17, dans un bâtiment qui ressemble à cent autres garages de la zone artisanale de Borny, il y a une porte grise. Aucune enseigne clinquante, juste un autocollant écorné sur l’interphone : « Fight Club Metz Borny ». Si tu passes devant un mardi à 18 heures sans savoir, tu manques le vacarme des gants qui claquent sur les sacs et les cris d’encouragement. Derrière cette porte, depuis des années, Eliyas Tepeli et une poignée de boxeurs s’acharnent dans une salle modeste. Et ça marche : le club a sorti un champion du monde, Mehdi Bouanane, ce qui n’arrive pas tous les quatre matins de ce côté de la rocade.
Le Fight Club, une histoire née du refus du silence
Il faut remonter à une époque où Borny n’avait pas de salle de boxe digne de ce nom. Des jeunes du quartier traversaient toute l’agglo pour s’entraîner, quand ils en avaient les moyens. D’autres laissaient tomber avant même d’avoir essayé. Eliyas Tepeli, lui, n’a pas attendu que la ville installe un gymnase flambant neuf. Il a commencé avec ce qu’il avait : une pièce prêtée, des sacs usés. Ceux qui le connaissent vous le diront : il ne parle jamais pour ne rien dire. Quand il ouvre la bouche, c’est pour corriger une garde, ajuster un déplacement, ou rappeler à un gamin distrait que « la ceinture, c’est la base ». Le club a poussé comme une évidence dans un quartier où les structures manquent pour les jeunes qui ne rentrent pas dans les cases.
Aujourd’hui, le Fight Club de Metz Borny n’a plus rien d’un bricolage artisanal. Les ring sont aux normes, les licenciés se comptent par dizaines et les disciplines vont du kickboxing au K1 en passant par la boxe anglaise. Mais l’état d’esprit, lui, n’a pas bougé. On vient ici pour progresser, pas pour faire joli sur Instagram. La devise pourrait tenir en trois mots : travail, humilité, loyauté. Les murs gris du local ne mentent pas : pas de néons design, pas de fontaine à eau connectée. Des affiches de combat jaunies, un portrait du regretté Ramon Dekkers, et une horloge qui égrène les rounds. C’est tout.
Mehdi Bouanane : quand le quartier monte sur le toit du monde
Au milieu de ce décor spartiate, un nom revient sur toutes les lèvres : Mehdi Bouanane. Né et grandi ici, à Borny, il a poussé la porte du club presque encore adolescent. À l’époque, raconte-t-on sobrement, personne n’aurait misé un euro sur son avenir de combattant professionnel. Pas par manque de talent, mais parce que dans le sport de combat, passer du ring amateur à une ceinture mondiale, c’est un chemin que beaucoup abandonnent en cours de route. Sauf lui. Enchaînement de victoires, ceinture intercontinentale, puis ce soir où il a décroché le titre mondial en K1 sous les yeux de tout le club venu supporter l’enfant du coin.
Quand on discute avec lui après un entraînement, pas de grande tirade sur la gloire. Il vous parle de sa préparation, de son prochain combat à défendre, de la nécessité de rester concentré. Il est resté fidèle à sa salle de la rue de la Vallière. Il aurait pu filer vers des structures plus huppées, en Belgique ou aux Pays-Bas, là où le K1 est une religion. Il a choisi de continuer à s’entraîner ici, sous l’œil d’Eliyas, dans la chaleur étouffante de ce local qu’il connaît par cœur.
💡 Le saviez-vous ? Le K1, discipline reine du Fight Club, est un format de kickboxing japonais qui autorise les coups de poing, les kicks et les genoux. Né dans les années 1990, il a conquis un public immense avant de s’imposer en Europe. Aujourd’hui, des clubs comme celui de Borny forment des combattants capables de rivaliser au plus haut niveau mondial.
Une mixité qu’aucune politique publique n’a su fabriquer
On entend parfois dire que le sport, c’est bon pour les jeunes. Phrase toute faite, qui ne résiste pas à une visite au Fight Club un soir de semaine. Ce qu’on voit, c’est un gamin de quinze ans qui arrive en survêtement trop grand et qui, une heure plus tard, tient une garde correcte, écoute les consignes et repart lessivé mais fier. Ce qu’on voit, c’est un trentenaire qui, après une journée de taf au centre-ville, évacue sa pression sur un sac plutôt que sur quelqu’un d’autre. Ce qu’on voit, c’est des jeunes, des moins jeunes, des mecs de tous horizons, réunis par la même discipline.
Le sport de combat, surtout en club, oblige à une vérité que le quotidien dissout parfois : tu ne triches pas. Si tu ne bosses pas ton cardio, l’autre te le fera sentir au deuxième round. Si tu ne maîtrises pas tes émotions, tu prends des coups évitables. Pour des ados qui vivent dans un environnement parfois chaotique, cette clarté est une bouée. Et puis il y a la question du respect, valeur centrale dans ces disciplines. Saluer son adversaire, serrer la main du coach, nettoyer le matériel après usage. Ces gestes, ancrés dans la routine de l’entraînement, construisent quelque chose que l’école ou la rue ne transmettent pas toujours : une discipline du quotidien qui dépasse largement le ring. Le gamin qui apprend à respecter un horaire d’entraînement, à attendre son tour sur le sac, à encaisser une correction sans la prendre mal, c’est un gamin qui débarque autrement au collège ou au boulot le lundi matin.
Ce qui se joue ici relève de la santé mentale, pas juste du sport
Un jeune qui tape dans un sac n’oublie pas ses problèmes, mais il apprend à ne pas exploser à la première contrariété. Côté finances, la mairie aide, mais la marge est mince. Qu’une subvention prenne du retard, et c’est toute la mécanique qui se grippe.
La suite s’écrit sans attendre les médailles
Mehdi Bouanane prépare ses prochaines échéances. La pression d’un champion du monde n’est pas comparable à celle d’un jeune amateur, mais la logique reste la même chez Tepeli : on prépare chaque combat comme si c’était le premier. Avant une grosse échéance, l’ambiance au club monte d’un cran. Les séances s’intensifient, le staff affine la stratégie. Et chaque septembre, une nouvelle file de gamins débarque rue de la Vallière pour s’inscrire. La communauté sportive messine porte désormais un autre regard sur ce bout de Borny longtemps ignoré.
Consultez l’agenda pour ne rien rater des prochaines compétitions locales de sports de combat.
Questions fréquentes
Le Fight Club de Borny propose-t-il des cours pour les débutants ?
Absolument. Le club accueille les novices toute l’année, avec des créneaux dédiés à l’apprentissage des fondamentaux. Pas besoin d’avoir déjà mis les gants : on vous apprendra les déplacements, la garde et les frappes de base avant de vous proposer, si vous le souhaitez, de passer à la phase suivante.
Peut-on pratiquer le K1 en loisir sans viser la compétition ?
Oui, et c’est même une part importante des licenciés du club. Beaucoup d’adhérents viennent pour la condition physique, le dépassement personnel et l’ambiance de groupe, sans aucun objectif de combat officiel. Le staff adapte les séances en fonction du profil de chacun.
Comment le club s’intègre-t-il dans la vie de quartier au-delà de l’entraînement ?
Le Fight Club participe régulièrement à la vie associative de Borny et de Bellecroix : démonstrations lors d’événements de quartier, stages ouverts aux habitants, et partenariats avec d’autres structures locales. Pour les détails des prochaines actions, le mieux est de passer directement à la salle ou de suivre leurs annonces en ligne.
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